• Hommage miniature au Lieutenant Colombo et au Capitaine Marleau...

     

    LIEUTENANT COLOMBA :

    LA PME DU MEURTRE

     

    Jardin des Nations miniatures, au sud de Berck. C'est l'automne. Un mardi matin comme les autres.

     

    Episode 1

    Episode 1

    Episode 1

    -     Lieutenant Colomba (elle chante) : J'ai besoin d'personne du tout, dans mon vieux tas de boue... Mais non, ma Titine, JE RIGOLE !... A gauche... A gauche, rhâââ !!

     

    Episode 1

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    -     Colomba : Saloperie ! C'est une saison chiante l'automne !

     

    Episode 1

    -     Colomba :  Bonjour Gépludo, joyeux matin ! C’est tout pourri ici ! Dites, j’ai vu des insectes sur la route !

    -     Sergent Gépludo : Bienvenue à la campagne.

      -     Colomba : Qu'est-ce que c'est que ces confins eud'brin ? C'est pas la campagne ici, c'est la mort. 

       -     Gépludo : Puisqu'on en parle...

     

    Episode 1

     -     Gépludo : Le voilà.

     -     Colomba :  Foutre-belette !! Depuis combien de temps il est là ?!

      -     Gépludo : Nous sommes arrivés à peine une demi-heure après l'appel. Vos insectes se sont servis… Mais ils ont laissé assez d’indices sur la cause de sa mort.

      -     Colomba : Eh bin… Enchantée Monsieur. Comment trouvez-vous le monde impitoyable des paysans taiseux et rudes et des lourds secrets de famille ? Ah oui pardon, pour vous c’est trop tard. Je croyais qu'il était mort en plein centre du village, c'est ce que disais l'appel, non ?

     

    Episode 1

    -     -     Gépludo : En même temps, on est tout près... La victime n’est pas identifiée. Son véhicule vient d'Hédonie. Il a l’arrière du crâne fracassé et une grosse plaie à l’abdomen. Ce sont des coups portés, pas des morsures de bêtes immondes. C’est bien une agression, un meurtre. En même temps, dans sa voiture il y a des outils mais pas d’armes, pas d’argent, pas de papiers, de facture ou de courrier, rien qui nous renseigne sur son adresse ni son activité.

    -     -     Colomba : Je te l'ai jamais dit, mais il faut vraiment que tu arrêtes avec tes "en même temps". C'est pas ma came. Bon, bref, c'est pas pour rien qu’on nous appelle, mon lapin. Qui l’a trouvé ?

      -     Gépludo :  Jérôme Tadêklop. C’est le maire du village. Il roulait dans cette direction en venant de la ferme qui est par là.

     

    Episode 1

    -     Colomba : Mouais... Pourquoi je en suis pas surprise de me retrouver ici ?... Mon collimateur intuitif marche à donf', on dirait.

    -     Gépludo : Je ne vous suis pas très bien, Chef.

    -     Colomba : C'est inutile, j'ai pas bougé.

     

    Episode 1

    -     -    Colomba : La voiture est proprement garée sur le côté du chemin, il a pris le temps de refermer sa portière. Je ne parierai pas sur une attaque de bandits de petits chemins. Et il vient probablement de l’autre côté de la frontière… Il est plutôt fringué à la mode urbaine... Il a été tué sur place, il ne semble pas qu’on ait bougé le corps... Bon, emballez-le. Avec toute cette humidité il va nous faire une poussée de champignons ! Emmène-le à l’hôpital de Pierre-Fougère, ça lui fera du bien, et dès que le médecin légiste l’aura examiné tu me diras quoi.

     

    Episode 1

    -     Gépludo : Je peux vous le dire maintenant : " quoi ".

    -     Colomba :  Fous-toi de ma gueule. Elle passe par là, la frontière ?

    -     Gépludo : Elle passe derrière la haie à l'ouest, à 300 centimètres à peine.

    -     Colomba : Bon. Je vais présenter mes hommages à Monsieur le maire.

     

    Episode 1

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     --     Colomba : Bonjour Monsieur Tadêklop… Lieutenant Colomba, police criminelle. Vous allez bien ? Vous voulez une assistance médicale ?

    -          Tadêklop : Bonjour… Non, je suis encore un peu sous le choc, mais ça va aller.

    -          Colomba : Bon. Et vous, vous êtes ?...

    -          Emmesdos : Sergent Emmesdos. Je suis responsable de ce secteur.

    -          Colomba : C’est pas jouasse ici, hein ? Hein ?

    -          Tadêklop : Oui... Enfin c’est l’hiver, Lieutenant Colomba. Et le coin est un peu enclavé. C'est un pays de frontière assez peu animé. En dehors des quelques mauvais sentiers qui existent autour du village, la campagne est impraticable. Nous ne sommes pas sur un lieu de passage.

    -          Colomba : D’accord. Et lui là-bas ? Il été pas sage ?

    -         Emmesdos : On n’en sait encore rien.

     

    Episode 1

    -          Colomba : Dites-moi mon brave, en tant que maire de… maire de… maire de…

    -          Tadêklop : De Souchebelle !

    -          Colomba : Oui… Vous ne savez pas qui c’est, ok, mais vous devez bien savoir qui ça n'est pas ?

    -          Tadêjklop : Si la question c'est "est-il du coin", je vous dis non, je ne l’avais jamais tant vu.

     

    Episode 1

    -          Colomba : C’est pourtant pas un touriste. C’est une impasse, ici, on ne vient pas par hasard.

    -          Tadêklop : C'est vrai. Je vous assure que je ne le connais pas. Demandez à quelqu'un d'autre...

    -          Colomba : Il y a 50 habitants dans vot’ bled et vous ne seriez pas foutu de savoir s’il vous en manquait un ?

    -          Tadêklop : Beaucoup plus que 50. La plupart des résidents vivent assez dispersés autour du bourg. J’avoue que je ne connais peut-être pas tout le monde.

                   -     Colomba : C’est ça… Ils ne quittent jamais leur enclos, ils se reproduisent à la barbare sous des tas de feuille, ils se cachent pour mourir et donc vous ne savez pas combien d’administrés vous avez. Si ça se trouve, il n’a même pas voté pour vous, celui-là.

     

    Episode 1

    -         Tadêklop : Je ne lui en voudrais pas pour si peu. Dites, je vous trouve bien méprisante avec les gens de la campagne !

    -          Colomba : Ouais mais bon, je vais pas vous raconter ma vie… Aaaah, toute cette violence, c’est triste, non ? ça arrive souvent ici ?

    -          Tadêklop : Vous devriez le savoir. Vous avez des dossiers. La seule vraie affaire de violence ayant entraîné le décès de quelqu’un c’était il y a un an. Oui c’est triste et nous n’y sommes pas habitués.

     

    Episode 1

    -     Colomba : Belle voiture ! Et l'hiver dernier, c’est votre belle-mère qu’on a retrouvée le nez dans l’humus, Monsieur Tadêklop ! La mère de vot’ femme, avec qui ça se passait pas bien, je veux dire avec les deux. Ah ! Y en a là-dedans ! Oui, en primaire, j’ai pris option Documentation. Racontez-moi ça.

    -      Tadêklop : Mon mariage s’est fait selon l’usage local. J’aurais préféré une jeune fille qui était en vacances au village, on s’entendait bien, ses parents voulaient lui céder 2 mètres carrés de terre en friche. Les miens ont jeté leur dévolu sur nos voisins, qui avaient 4 mètres carrés de pelouse et de mûriers, aujourd’hui unis au même domaine. C’est comme ça que ça marche. Mais il n’y a jamais eu de véritable cordialité entre les deux familles.

     

    Episode 1

    -          Colomba : Vous avez gagné 4 mètres carrés au lieu de 2, ça valait le coup de souffrir en ménage, non ? En somme, chez vous, l’amour est enfant de barème, quoi.

          

    Episode 1

    -        Tadêklop : Je ne suis pour rien dans la mort de ma belle-mère. Elle s’est battue avec mon père et elle est tombée. Il y avait 15 témoins. Quel est le rapport entre ma famille et cet individu, à part le fait que je l’ai trouvé ?

    -       Colomba : Je ne sais pas. Pour l’instant je piétine dans la gadoue. Vous aimez bien ça ici, la gadoue, hein ?

     

    Episode 1

    -     Tadêklop : Non, pas plus que ça. Vous insinuez quelque chose ?

    -     Colomba : Nooon, c'est pas mon genre d'insinuer et de me barrer ensuite. Tiens, à ce propos, je vais la jouer en mode police de proximité et immersion et donc, je vais m'installer quelques jours dans votre tribu. Je vais respirer le suave parfum de ce riant et authentique coin de campagne pour observer les choses de plus près, vi-vi ! Je pourrai vous voir dans la journée ?

     

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    -     Tadêklop : Aucun problème. Je serai chez moi.

    -     Colomba : Merki ! Vous êtes gentil.

     

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    -    Colomba : Mmm... Oui... Toute cette boue, ça me fait penser à un crime crapoteux.

    -       Gépludo : Je mettrai " crapuleux " dans le rapport... Dites, Chef, vous semblez bien connaître les gens d’ici...

    -       Colomba : Monsieur le maire est très optimiste sur ses statistiques de délinquance. Le patron m'a justement parlé de ce village il y deux semaines, on se demandait si ça valait le coup de le mettre sous surveillance. Il a connu un sacré boum démographique récemment. Et au moins 10 de ces placides paysans sont fichées pour avoir été impliqués de près ou de loin dans d’anciennes affaires criminelles ou faits de délinquance à peu près partout dans le pays. Plusieurs sont sortis de prison dans l'année écoulée.. C’est très excitant et ça me donne envie de rester. Y a toujours une auberge, non ? Il est question d’une famille Espersa, qui est aussi dans mes petits papiers, le père en tout cas.

    -      Gépludo : Oui, « Au frais charançon », à côté de la gare. Par là. Vous ne pouvez pas la rater.

     

    Episode 1

    -     Colomba : Tu rentres à Pierre-Fougère, Lapinou, et tu te renseignes sur les personnes signalées comme disparues en Hédonie, en Casteigne et même en Gravière : national ou étranger, plouc ou bourgeois, on peut finir tout autant assassiné. Allez, on s'voit eud'main !

    -     Gépludo : Entendu. Bon séjour, Lieutenant.

     

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    A SUIVRE...

    DANS L'EPISODE 2 CI-DESSOUS

     


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    Episode 2

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    -     Colomba : Bonjour-bonjour !

     

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    -          Colomba : Ouh, pinaise !!

     

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    -          Groseilla Espersa : Pardon ?

     

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    -        Colomba : ...C’est un hommage. C’est sinistre à souhait, ici, ça me plaît bien. Et le " frais charançon " est vraiment le plat du jour, j’y croyais pas. Bonjour Madame, c’est la police, lieutenant Colomba. J’ai besoin d’une chambre pour une immersion.

    -          Groseilla : Ah. C’est à propos du mort que Jérôme a trouvé…

    -          Colomba : Justement, je suis à la recherche de quelqu’un qui le connaît bien.

    -          Groseilla : Le mort ? Comment voulez-vous que j…

    -          Colomba : Non, pas le mort, Jérôme.

     

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    -          Groseilla : ...? Eh bin c’est le maire et un des plus gros fermiers de la communauté.

    -          Colomba : " De la communauté " ? Ah, carrément, on en est là ? Et vous, dans ce doux climat communautaire, c’est quoi votre place ?

    -          Groseilla : J’abreuve et je nourris, c’est un problème ?

    -          Colomba : Du tout. Et comment va Monsieur Espersa depuis sa libération conditionnelle il y a 2 ans ?

    -          Groseilla : Mais... Le maire, mon mari… Quelle genre d'enquête menez-vous en fait ?

    -          Colomba : Nous y reviendrons. Je mets juste un coup de pression globale, d’entrée de jeu, pour semer le trouble. Mais là j’ai surtout besoin d'une chambre et d’une bonne douche. Donnez-moi la 22.

     

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    -          Groseilla : Y a que 3 chambres et une salle de bain commune. Vous avez la 1. C’est à l’étage à gauche. A droite c’est privé.

     

    Episode 2

    -          Colomba : A gauche c’est toujours un peu plus collectif, hein ? Merci ! Je vais redescendre déjeuner… à la carte. Puis j'irai faire un tour en ville. J'espère que c'est plus animé quand les juilletistes et les aoûtats sont là !

    -     Groseilla : Les seuls visiteurs que nous avons en général ce sont des saisonniers qui travaillent dans les mûriers... En fait ici, c'est l'automne la saison la plus trépidante de l'année. Vous verrez par vous-même.

     

    Episode 2

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    -     Colomba : Bon, allez, il est temps de se fondre dans ce pays merveilleux et d'épouser sa culture. 

     

    Episode 2

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    -     Colomba : Chauffe, Marcel ! Chauffe !

    -     Le joueur de flûte : Barrez-vous. Merci.

     

    Episode 2

    -     Colomba : Tiens-tiens... Voilà un nom connu qui éveille mes sens. Allons dire bonjour.

     

    Episode 2

    -     Colomba : You-you !! Bon, alors ?! Y a kékin ou pas tellement ?

     

    Episode 2

    -          M. Derien : Désolé Madame, je ne vous ai pas entendue, j’étais derrière, je fais une extension dans la remise.

    -          Colomba : Une extension sur qui ??

    -          Derien : Non... Je fais une extension à la boutique, je construis une nouvelle pièce derrière. Vous êtes une cliente ? Je suis vraiment navré mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire quelque chose pour sauver ce désastre... Mais essayons, le défi ne me fait pas peur !

    -          Colomba : Non mais, ho ! Je viens pas me faire coiffer, je visite, je musarde ! En vrai, chuis officier de police et j’enquête sur le meurtre de l’Inconnu de la route 66.

    -         Derien : Ah bon... Quelle route 66 ?

    -          Colomba : J’aimerais savoir s’il est victime d’un complot ou simplement malchanceux.

     

    Episode 2

    -        Derien : Un complot ? ! Je ne pourrai pas beaucoup vous aider. Je n'ai rien vu. C'était ce matin ?

    -     Colomba : Oui, ce matin et en plein milieu du village, m'a-on dit.

    -     Derien : Je croyais que c'était sur la route...

    -     Colomba : Bon. Une question me brûle les lèvres... Dites-moi jeune homme, dix repris de justice qui viennent de toute l’Orchide se mettre au vert précisément ici : c’est un congrès ou quoi ?

    -          Derien : Je ne sais pas de quoi vous parlez.

    -          Colomba : Faites gaffe à ne point trop vous payer ma fiole, vous, ou j’appelle mon mari qui est flic aussi.

    -          Derien : Vous êtes flic de quoi ? J’en sais rien, moi, vous débarquez sans vous présenter.

    -          Colomba : Je suis le lieutenant Corinne Colomba. A la brigade criminelle on m’appelle Coco Charnelle parce que je saute sur tout ce qui bouge.

    -          Derien : Vraiment ?!

    -          Colomba : NNAN !! J'aurai besoin de vous parler plus tard, ne quittez pas trop le village, s'il vous plaît.

     

    Episode 2

    -     Derien : Je n'a pas prévu de partir. Et ma voiture est en panne, elle est au garage. je ne bouge pas d'ici.

    -    Colomba : Oh, vous pourriez toujours pu en voler une cas de besoin. C'était votre spécialité, je crois.

    -     Derien : Ah, on s'est renseigné avant de venir... Je me suis rangé des voitures, Madame. Et pour votre mort, je ne peux pas vous aider.

    -     Colomba : Vous serez gentil de ne pas vous occuper de ma mort de toute façon, je verrai ça en direct avec le prestataire céleste. 

    -     Derien : Très drôle. Je vous souhaite la bonne journée, Madame.

    -     Colomba : Je m'en vais déjeuner. Mais je vous ai tous à l'oeil, d'accord ?

     

     

    Episode 2

    -     Monsieur Espersa : Andromaque arrive jeudi matin à 10 heures.

    -     Groseilla : Ce jeudi ?! La police est sur notre dos, c'est impossible !

    -     Monseiur Espersa : On le fait, c'est tout !! Tu as plutôt intérêt à parler le moins possible à cette femme ! Qu'est-ce qui s'est passé ce matin ? Qui a déconné ?

    -     Groseilla : J'en sais foutre rien, cherche dans tes propres lacunes !

    -     Monsieur Espersa : Tu m'emmerdes ! Jeudi, pauvre idiote ! Jeudi et on en a presque fini !

     

    Episode 2

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    -     Colomba : Pas commode le patron, hein ?

    -     Groseilla : Vous êtes là... Euh, il a à coeur que nos affaires marchent bien.

    -     Colomba : A coeur ? Vous n'êtes pas difficile. Votre taulier taulard, là, qu'est-ce qu'il maquille en ce moment ? C'est qui Andromaque ?

    -     Groseilla : Une... lointaine cousine de mon mari. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, je me sens démunie face à vos sarcasmes.

        Colomba : Il va falloir que je lui cause, à ton boulet, la tiote.

     

    Episode 2

     -     Groseilla : Il a une livraison à faire... D'ici une petite heure je pense.

    -     Colomba : Alors en attendant je vais aller voir le maire. Comment on va chez lui ?

        Groseilla : ...Vous prenez le chemin qui va vers les haies, puis à gauche à la souche couverte de lierre, encore à gauche le long du tronc couché et à droite en descendant par la ravine.

     

    Episode 2

     -     Colomba : Merci. Le temps que je revienne... Réfléchis bien à ce que tu aurais envie de me dire. C'est que je vais pas passer l'hiver ici, moi !

     

    A SUIVRE...

    DANS L'EPISODE 3 CI-DESSOUS


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    Episode 3

    Episode 3

    Episode 3

    -     Colomba : Mais où est-ce qu'elle m'a envoyée, celle-là ?!

     

    Episode 3

    -     Colomba : Me v'là dans l'mpasse... Bien joué Groseilla !

     

    Episode 3

    -     Colomba : ...Ah.

     

    Episode 3

     

    Episode 3

    -     Colomba : Ah, mais vous êtes là ! Monsieur le maire, je vous cherchais. En allant chez vous, je fis une étrange découverte dans les lieux sylvestres les plus boueux que j'avais jamais vus ! Et je me suis re-perdue au retour !

     

    Episode 3

    -     Tadêklop : En allant où ? J'habite derrière l'auberge...

    -     Colomba : J'aime emprunter les voies les plus détournées. Il faut que vous veniez voir ça.

     

    Episode 3

    -     Colomba : Ma tiote Groseilla... Ou bien tu es nulle question sens de l'orientation, ou bien...

    -     Groseilla : Désolée, je n'avais pas bien compris où vous vouliez aller.

     

    Episode 3

    Episode 3

    -     Colomba : Voilà-voilà... Ce n'est pas très écologique d'abandonner vos voitures usagées en pleine nature.

    -     Tadêklop : J'avoue que...

    -     Colomba : Oui ? Continuez ?

    -     Tadêklop : ...Que je ne m'explique pas l'origine de cette décharge sauvage dont j'ignorais tout. Personne ne vient jamais ici. Ce sont peut-être des voitures volées en Hédonie. La frontière passe là, en bas, à peu près au milieu.

     

    Episode 3

    -     Mademoiselle Elvaotafantong : Il va bientôt pleuvoir, nous devrions rentrer.

    -     Tadêklop : Notre institutrice a raison. Ici on ne sort pas quand il pleut, le chemins deviennent vite impraticables.

    -     Colomba : Il va vraiment falloir que vous arrêtiez tous de me prendre pour une ficelle picarde... Bon, je vais appeler mes hommes avec la radio de ma voiture. Eux au moins, il ne craignent pas la pluie.

    -     Tadêklop : Nous ne pouvons pas vous aider, je le regrette. J'ignore d'où viennent toutes ces autos et depuis combien de temps elles sont là. Vos hommes pourront toujours les récupérer demain, elles ne vont pas s'envoler. 

     

    Episode 3

    -     Colomba : S'envoler... En attendant, on dirait qu'il m'en manque déjà une...

     

     Le soir venu, au forum du village. Colomba continue son circuit découverte de Souchebelle.

     

    Episode 3

    Episode 3

    Episode 3

    -     Colomba : C'est rien beau ce que tu joues ! C'est de qui  ?

    -     Le joueur de flûte : Encore vous ? De personne. J'improvise au fur et à mesure.

     

    Episode 3

    -     Colomba : Tu vois mon gars, cette enquête me fout le bourdon. Je sais que ça va aller sur un très gros truc. Enorme. Et triste.

    -     Le joueur de flûte : Je compatis. Mais vous pouvez me laisser jouer en paix ?

    -     Colomba : Mais enfin toi, tu as bien vu quelque chose ?

    -     Le joueur de flûte : Je ne vois que vous, Madame, et ce n'est pas du marivaudage : vous me bouchez la vue et vous gênez mon public.

    -     Colomba : Quel public ?

    -     Le joueur de flûte : Les enfants, là...

     

    Episode 3

    -     Colomba : Des enfants ? Quelle horreur ! Pourquoi pas des pucerons, aussi ? Voulez-vous bien foutre le camp ? Hein ? Pschhhh ! Pschhhh !

    -     Le joueur de flûte : ...?...

     

    Episode 3

    -     Colomba : Tu t'appelles comment ? T'es du coin ?

    -     Le joueur de flûte : Geldoush. Non, mais j'ai une amie au village. Je la vois souvent, enfin quand elle peut : elle est mariée. Dégagez.

    -     Colomba : Oooh, elle trompe son mari avec toi, Ja ! Toi gross Filou !

    -     Le joueur de flûte : Nein, bedide Filou. Barrez-vous.

    -     Colomba : Moi, j'ai pas d'amis, ici. Ailleurs non plus de toute façon...

    -     Le joueur de flûte : Ok, je flippe pour vous. Mais je fais de la musique, moi, je suis pas confesseur.

     

    Episode 3

    -     Colomba : Bin quoi ? T'as jamais envie de parler spontanément à quelqu'un ? De livrer tes émotions comme ça, en vrac, direct sorties d'usine ? Dis donc, Saint Nitouche, t'as même pas remarqué qu'ici, c'est le noyau du péché, qu'on est au coeur du fruit pourri ?

    -     Le joueur de flûte : J'entends des choses... Mais je m'en fous. Moins on en sait... Ecoutez, si ça ne va pas, allez en face chez le coiffeur, faites au mieux pour changer de tête et après vous verrez la vie en rose, mais lâchez-moi la grappe s'il vous plaît...

    -     Colomba : Hhhh !... P'tit con !

     

    A SUIVRE...

    DANS L'EPISODE 4, CI-DESSOUS


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  • Le lendemain, mercredi midi...

     

    Episode 4

    -     Gépludo : Bonjour Lieutenant ! J'ai quelques infos sur votre parking sauvage.

    -     Colomba : Emerveille-moi, Lapinou, pendant que je digère mon petit-déjeuner.

     

    Episode 4

    -     Gépludo : Bon, déjà, notre inconnu n'en est plus un.

    -     Colomba : Génial, je te mets " plus un " aussi.

    -     Gépludo : Sa voiture et lui ont été identifiés cette nuit. Gaëtan Sélabaksaspas, il nous vient de Casteigne où il a mis en cause son employeur, un gros industriel du Potager central, dans une affaire de corruption de menus fonctionnaires casteignans et éléboranais. C'est, comme disent les Grands, un " lanceur d'alerte ". Il a disparu quand il devait témoigner devant une commission royale alors qu'il devait déballer d'autres noms de pourris un poil plus gros. La justice de son pays le croyait caché en Eléborance.

    -     Colomba : Qu'est-ce qu'il est venu fiche en Orchide et ici précisément ?

    -     Gépludo : Il s'en est confié à sa veuve éplorée, que j'ai vue en coup de vent à Roncecour ce matin, avec l'autorisation rapide de la justice casteignane. En fait, son mari se terrait tout près de chez lui et il est venu en Orchide parce qu'il avait un rendez-vous... Elle ne sait pas avec qui.

     

    Episode 4

    -     Colomba : Un rendez-vous avec la mort, visiblement... Et les autres voitures ?

    -     Gépludo : Deux autres casteignanes, deux hédoniennes, trois montviliennes dont une volée à des touristes en Opalogne... Il y en a trois autres qui sont trop esquintées, on ne sait pas encore. Leurs propriétaires ont tous disparus dans les onze derniers mois. Ce sont des cadres du secteur privé, des fonctionnaires, des délinquants, tous liés à des affaires financières ou des fraudes... Mais le plus drôle, à mon avis, c'est le signalement de cette voiture rouge que vous avez vue hier dans le ravin et qui n'y était plus après.

    -    Colomba : Oui, le temps que je revienne avec les autres elle avait disparu. Pourquoi celle-là ?

    -     Gépludo : Je me fais peut-être des idées, mais j'ai vu la même en arrivant il y a quelques minutes, sur la route qui relie le village au reste du monde. Son conducteur m'a même salué : mon brave collègue le sergent Emmesdos...

     

    Episode 4

    -     Colomba : Tiens donc...

    -     Gépludo : Tout ça part un peu dans tous les sens... Pourquoi tous ces gens qui ont gagné, pour la plupart, plusieurs milliers de fois le salaire d'une vie de saisonnier seraient-ils venus jusqu'ici pour abandonner leur voiture ?

    -     Colomba : Par exemple pour niquer la justice de leur pays et être exfiltrés dans un paradis fistal... Mais j'ai encore plus sordide que ça, Lapinou : imagine qu'ils soient tous passé ad patres. Tous ! Imagine un village isolé, qui embauche comme nouveaux habitants des gens peu recommandables venus de tous le pays, et qui s'enrichit à mesure que d'importants filous ou des témoins gênants comme Gaëtan viennent ici perdre à la fois leur bagnole et leur vie... Quelques personnes imaginatives ont trouvé un bon moyen de brasser du fric, et pas un petit peu...

     

    Episode 4

    -     Colomba : Tiens ! Monsieur le maire ! Je pensais à vous !

    -     Tadêklop : En bien, j'espère !

    -     Colomba : Vous me fascinez de plus en plus.

    -     Tadêklop : Nous n'avons pas encore eu le loisir de nous parler. Que diriez-vous d'une balade en voiture ? J'aime bien faire de temps en temps une inspection de la commune.

    -     Colomba : Vendu ! Si je puis dire. Avec grand plaisir, si c'est dans votre belle voiture noire.

     

    Episode 4

    -     Colomba : Bonne idée, on va se parler lui et moi.

    -     Gépludo : En même temps...

    -     Colomba : Hopopop !

    -     Gépludo : Pardon. Je veux dire : Ce n'est peut-être pas prudent de partir avec lui...

    -     Colomba : Je gère. Toi, tu cours en ville pour jeter un oeil sur les derniers éléments de l'enquête à la Brigade et aux Affaires extérieures et présenter le dossier au juge. Et aussi pour rameuter tous les renforts que tu peux. Moi je te rejoins là-bas dans l'après-midi.

     

    Episode 4

    -     Colomba : Haaaa ! Là, vous me faites plaisir !

    -     Tadêklop : J'aimerais faire plus encore !

     

    Episode 4

    Episode 4

    -     Colomba : Dites donc, il est plutôt coquet votre trou !

    -     Tadêklop : Plaît-il ?

    -     Colomba : Je parle du village. Il respire l'ordre et la bonne fortune. Tout le monde vit dans de belles maisons, on s'est beaucoup et richement équipé... C'est quand même pas le jus de mûre et le purin de mille-pattes qui vous valent cette prospérité ?

    -     Tadêklop : Il y a un an, le village était sur le point de mourir. Nous avons relancé et diversifié notre activité ! Surtout moi, Espersa à son retour de pénitence légale et sa femme, et les plus anciens fermiers du coin... Nous avons commencé petits, si je puis me permettre cette boutade. Ce minuscule bout de jardin paraît bien triste, non ? Il n'est pas différent du reste, car nous ne parlons que d'un jardin... Le saviez-vous ? Du canal à Souchebelle, l'Orchide, 30 000 habitants, ne fait que 13 000 centimètres dans sa plus grande longueur. C'est comme si les Grands, à leur échelle, n'avaient que 9 kilomètres à franchir. Pour eux, enfin les Protecteurs qui s'occupent si bien de nous, notre encombrement total, la surface utile des mini-peuples, se chiffre en un carré de 200 mètres de côté, et nous sommes en tout 280 000. Bien sûr, dans cette vie étrange et un peu absurde que nous menons au ras du sol, les mauvaises routes, les petits reliefs, un buisson de rosiers ou la moindre touffe d'herbe rallongent considérablement les durées de trajet... Mais voilà, tout notre univers doit se résumer à ces quelques milliers de centimètres. Ce n'est pas pour rien que nous sommes des nations miniatures. Et qu'en plus, il ne faut pas que ça se sache !

     

    Episode 4

    -     Colomba : J'aime la géographie, Monsieur. Mais on s'éloigne du sujet.

    -     Tadêklop : La géographie était pourtant un moyen détourné d'y entrer dans le vif. Ah, voici la partie amusante du voyage.

     

    Episode 4

    -     Colomba : HAAAAAAAAA !!!! La route des Grands !! Ha le con !! Il nous envoie sur la route des Grands !!

    -     Tadêklop : Ah, vous connaissez ?

     

    Episode 4

    -     Tadêklop : Oui, nous avons traversé le miroir, enfin nous sommes passés sous la clôture, et nous voilà chez les Grands ! Pendant un très court instant, les deux dimensions se sont rejointes... Il suffit de bien peu de choses ! Il y a du monde aujourd'hui. Sûrement des familles qui vont se promener dans la baie. Les Grands aiment flâner, mais eux ils ont toute la place pour ça.

     

    Episode 4

    -     Colomba : Vous êtes un gros déglingos, vous !! Gadmoisso !!

    -     Tadêklop : Allons, calmez-vous. Regardez, on s'éloigne, on rentre dans le rang.

     

    Episode 4

    -     Tadêklop : Voilà où je veux en venir, Lieutenant. Pensez à cet espace vital minimum, à nos vies étriquées cernées par des grillages et des fossés, les voyez-vous ? Sûrement oui, ils sont omniprésents dans tous nos actes, nos émotions, nos projets, nos plus lointains souvenirs, puisqu'ils sont, grillages et fossés, jusque dans nos têtes. Je voudrais vous proposer quelque chose de neuf, un horizon et des ambitions plus larges... Quelque chose qui nous ferait un peu grandir, jouer notre rôle, même modeste, dans ce monde trop vaste pour nous... Je vous sens assez originale, audacieuse, non-conformiste et insatisfaite pour tenter l'aventure.

    -     Colomba : Auriez-vous dans l'idée de me corrompre ? Votre aventure, elle est sans retour. Je suis peut-être une originale, mais ne jouez pas la carte de la connivence et de l'empathie avec moi. Bien d'autres ont fait cette erreur. C'est moi qui décide quand et avec qui je connive... Parlons plutôt de l'organisation criminelle que vous avez montée dans votre village, vous voulez bien ?

     

    Episode 4

     -     Tadêklop : Je désire contribuer à votre bien, Madame, pas seulement parce que vous m'intriguez sur un plan personnel : j'admire votre professionnalisme, bien qu'il vous amène dans notre cas à faire fausse route.

    -     Colomba : Assez de boniments ! Taisez-vous ! Et répondez !

    -     Tadêklop : Rentrons d'abord, si vous le voulez bien... Il est nécessaire que vous voyiez l'ensemble du groupe.

     

    Episode 4

    -     Colomba : Je vois... Vous savez, je sais ce que signifie " La traversée du miroir "... C'est un truc qui se mérite et qui se paye cher. Et genre en monnaie électronique. A coups de bite-dans-les-coins !

    -     Tadêklop : Des "Bitcoins". Vous avez tout compris et j'en suis fort aise. Mais un conseil : ne le dites pas trop fort avant la petite réunion, à l'auberge, dans une heure. A présent, Lieutenant, je vais m'enfermer dans un mutisme obstiné.

    -     Colomba : Bin moi aussi, puisque c'est comme ça. Mais méfiez-vous, les miroirs, c'est à double tranchant.

     

    A peine Corinne Colomba était-elle revenue à l'auberge qu'elle en ressortit aussitôt et bondit dans sa voiture. Elle espérait maintenant une seule chose : pouvoir rejoindre la capitale de l'Orchide et la Brigade.

     

    Episode 4

    Episode 4

     

    Mais les chemins de Souchebelle étaient semé d'embûches.

    Des habitants du village veillaient au grain et se lancèrent à la chasse au poulet.

     

    Episode 4

    Episode 4

    Episode 4

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    Episode 4

    -     On va l'avoir !

     

    Episode 4

    -     Je la vois pas !

    -     Le sergent Emmesdos : Elle court vite la bougresse !

     

    Episode 4

    Episode 4

    -     Emmesdos : Laisse tomber, on l'a perdue. C'est une citadine, elle n'a pas l'habitude : les animaux nocturnes lui règleront son compte.

     

    Episode 4

    Episode 4

    -     Colomba : Ah bin mince ! Me v'là la proie de la biodiversité. Les bonnes âmes écolos ne pense jamais au retour de bâton...

     

    A SUIVRE... DANS L'EPISODE 5

    CI-DESSOUS

     

     


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    Episode 5

    Episode 5

    -     Colomba : Je n'a besoin de personne... Euh...

     

    Episode 5

    -     Colomba : Bon... Que fait une citadine isolée en pleine nature ? Elle lui dit merde et elle retourne en ville... Et ça doit être par là...

     

    Episode 5

    Episode 5

    Episode 5

    Episode 5

    -     Colomba : Des noisettes. Ils se foutent vraiment de ma gueule. Oh, ça doit être pour le décor.

     

    Episode 5

    Episode 5

    Episode 5

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    -     Colomba : Bonjour ! Je voudrais une chambre ! personne ?... Je prends.

     

    Le lendemain matin, jeudi.

     

    Episode 5

    Episode 5

    -     Colomba : En route les rats ! Vous allez suivre le flûtiste qui va vous enchanter de ses mélodies improbables.

     

    Episode 5

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    -     Colomba : Et toi, joue bien en je t'enlève ta licence d'intermitteux du spectacle !

     

    Episode 5

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    Episode 5

     

     

    Episode 5

    Episode 5

    -     Colomba : 10 heures précises... C'est ça, Andromaque ? Il a pas du tout une tête de cousine, même de loin.

     

    Episode 5

    Episode 5

    Episode 5

    Episode 5

    -     Tadêklop : Mes amis, recueillons-nous un instant à la mémoire de notre bien éphémère visiteur. Que le terme tragique de sa pauvre vie d'avocat véreux soit un exemple pour nous tous, qui aspirons tous à une vie meilleure et plus digne. 

     

    Episode 5

    Episode 5

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    -     Colomba : Ah merde... Merde-merde-merde...

     

    Episode 5

     Episode 5

    Episode 5

    -     Colomba : Bon... C'est le moment de revenir sur scène. J'aimerais bien ne pas y mourir. Où est la cavalerie ? Gagner du temps... On va essayer.

     

    Episode 5

     

    A SUIVRE...

    DANS L'EPISODE 6 ET DERNIER EN DESSOUS

     


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    Episode 6

    -     Colomba : Bonjour à tous !! Aaah, mais vous êtes tous là, ou peu s'en faut ! Je profite de ce que vous êtes scotchés comme des lapins dans les phares pour garder la parole !... D'abord, je commence par une belle histoire d'enfoirés que je m'en vas vous narrrrer. Il était une fois, quelque part en France selon toute vraisemblance, un des ces Grands Protecteurs dépositaires de l'immense secret de notre petite existence qui décida de tirer profit de la situation. Qui ? Nul ne le sait, vous non plus sans doute, les niveaux de confidentialité du système sont solides et bien étanches. Comment ? En se faisant payer une rente à vie avec de l'argent immatériel par des gens qui n'existent pas. Qui sait d'ailleurs quels autres avantages très matériels et intellectuels il a pu distiller de sa combine alambiquée ? Des scientifiques, des techniciens, des militaires, des escrocs, des gens très compétents dans leur domaine, on estime à 300 le nombre de ceux qui ont rejoint la pouponnière de ce tordu, un autre jardin, une maison, enfin un autre monde  quoi. Assurément, ils y mènent grande vie, à l'écart de la totalité des lois du mini-monde et de l'autre. Ce phénomène commence à être connu des 15 gouvernements de la fédération. Les autorités le connaissent sous le nom de " La traversée du miroir ". Et c'est là que votre combine à vous intervient. C'est un fait, vous êtes tous complices, vous êtes tous en train de faire vos bagages pour rejoindre ce paradis inconnu, pour l'accès duquel vous avez payé à un réseau spécialisé votre droit de passage. Ou presque, si vous aviez prévu d'autre prestation de service après le meurtre de... "Andromaque"...

     

    Episode 6

    -     Colomba : Rappelez-vous : le village pourrissait, s'appauvrissait, votre vie végétait, absence totale de perspective d'avenir. Et puis le mari de Groseilla, je vous salue Mari, sortit de prison et revint chez lui avec une idée du tonnerre, grâce aux utiles relations qu'il s'était faites en cellule, et qui prospèrent encore et de plus en plus. Vous vous êtes presque tous emballés pour cette idée, a mépris de toute considération mini-humaine. A part votre belle-maman, Monsieur Tadêklop, qui s'y est opposée fermement et qui a fini fermement décédée. Ahurissant... Faire de ce village, après avoir recruté d'autres repris de justice, un lieu dédié au crime sur commande. Par n'importe quelle ruse, un individu ou une organisation criminelle pouvait, contre paiement, envoyer une personne à Souchebelle pour qu'elle y soit éliminée du paysage par vos soins. Votre publicité et la qualité de la prestation et du service après vente a atteint plusieurs pays et les commandes ont afflué...  

     

    Episode 6

     -     Tadêklop : C'est un beau roman, c'est une belle histoire. Cela ne nous dit pas pourquoi vous avez, à ce que dit Mademoiselle Elvaotafantong, fait évacuer l'école...

    -     Colomba : J'ai bien failli ne pas pouvoir vous la raconter, cette histoire ! J'en ai été quitte pour une nuit de camping. Vous étiez sans doute prêts à m'accorder une chance de vous rejoindre, mais ce n'était pas l'avis de certains de vos associés ! Alors j'ai pris une assurance : j'ai envoyé vos gamins au vert, en sécurité. Mais j'ai été très gentille avec eux, très douce, demandez à la pétasse ci-jointe.

    -     Mademoiselle Elvaotafantong : Eh !

     

    Episode 6

    -     La gare est en train de brûler !!

    -     Ah oui. En plus d'enlever vos lardons, j'ai aussi un peu foutu le feu. Mais ça devrait aller, c'est juste pour signaler ma présence, au cas où je me serais pas assez fait remarquer.

     

    Episode 6

    Episode 6

    Episode 6

    Episode 6

     Episode 6

    -    Colomba : Je vous félicite pour le succès de votre petite entreprise de tueurs à gages ! Mais c'est l'heure de la liquidation !  Je pense que vous n'avez pas, Monsieur le maire, trouvé le corps de Gaëtan Sélabaksaspas au bord de la route l’autre jour. Comme tout à l'heure, et sans doute les autres fois, vous avez tenté de piéger la victime au coeur de la toile, dans le village, mais elle a flairé un truc et a fait demi-tour fissa. Vous avez poursuivi le gibier avec votre puissante voiture, l'avez rattrapé et tué. Sauf qu'entre temps, quelqu’un a appelé la police, pensant que le meurtre était en train de se produire sur la place, et en se présentant sous votre nom. Vous avez dû être bien surpris quand, de retour au village, la police arrivait suite à votre appel. Quelqu'un vous avait trahi. Ce quelqu’un en a après vous et vos affaires. Ou bien ce quelqu’un a peur de vous, de vous tous. Et ce quelqu’un est peut-être présent ici ce matin…

     

    Episode 6

    -          Mademoiselle Elvaotafantong : Vous voulez dire : « ce.tte quelqu’un.e est présent.e » ? 

    -          Colomba : Ta gueule ! Je vous arrête toutes et tous !

     

    Episode 6

    -     Tadêklop : Enfin, soyez sérieuse. Nous sommes des dizaines et vous êtes seule. Fiez-vous à moi, on peut encore s'arranger, entre gens raisonnables et discrets.

    -     Colomba : Parce que vous croyez que l'incendie qui va ravager toute la commune va rester discret, lui ? J'attends d'un instant à l'autre les renforts de la police, de l'armée, des pompiers, des douaniers et même des Souriceaux, les impitoyables mini-scouts des terriers !

     

    Episode 6

    -     Colomba : Oh !! Revenez ici !! Vous êtes en état d'arrestation, bordel !!

     

    Episode 6

    Episode 6

    Episode 6

     

    Comme l'avait prévu Colomba, le sergent Gépludo investit le village en y mettant les moyens.

     

    Episode 6

    Episode 6

    Episode 6

    Episode 6

    -     Colomba : Bravo les gars ! Z'êtes arrivé à temps ! Joli coup de filet !

    -     Gépludo : Avec tout ça, on peut espérer faire bien avancer l'enquête sur le réseau " Traversée du miroir ".

    -     Colomba : Espère, mon gars, espère ! Sois patient et heureux ! Bah tiens, v'là le coiffeur ! Il a l'air au bout du rouleau ! Embarquez-moi tout ça !

    -     Gépludo : Par chance, nous avons intercepté en chemin un nouveau convoi funèbre...

    -     Colomba : Oui, j'ai rien pu faire pour celui-là... Mais si ça trouve, il n'en valait pas la peine. Oui ok, on est policiers, on peut pas dire des trucs comme ça...

     

    Episode 6

    -     Colomba : Ma tiote bagnole, je te retrouve enfin ! Ah, tu l'as bien soignée mon lapin. Merci ! Ah merci-merci !

     

    Episode 6

    -     Colomba : Bon, au point où on en est, on peut se laisser aller à des confidences sans oreiller. Combien de pauvres types avez-vous occis ?

    -     Tadêklop : 31.

     -     Colomba : Je pense qu'il y a eu un autre juste avant Gaëtan Bidule. Dans le ravin où Groseilla m'a subtilement envoyée, il y avait une voiture qui avait disparu le temps le temps que je revienne au village et que je vous ramène sur place. A tous Les coups, c'était celle d'Emmesdos, qui est tombé dans le trou en poussant avec la sienne celle de la précédente victime. Vous n'aviez pas eu le temps de la remonter et ça s'est fait en catastrophe entre mes deux visites sur place.

    -     Tadêklop : Oui, il y eu un petit moment de panique avec ça... Nous avions eu une bonne semaine : 4 contrats.

     

    Episode 6

     -     Tadêklop : Dommage... J'aurais aimé mieux vous connaître. Je suis sûr qu

        Colomba : Je suis sûre que non. parce que, Monsieur, vous n'avez pas de conscience. Vous croyez que tout se vend et s'achète : les choses, le bien commun, les gens, les sentiments, la vie, la mort... Et je déteste ça ! Mais vous allez être présenté à un juge d'instruction qui a lui aussi les dents qui rayent le Parquet. Si vous êtes un bon client en tant que témoin, vous risquez de trouver l'écoute et a compréhension dont vous avez besoin. Allez zou !

     

    Episode 6

    -     Colomba : Mon sergent d'amour, tu prends le commandement du convoi.

     

    Episode 6

    -     Colomba : Dis donc, la tiote, y faut que je te parle.

     

    Episode 6

    -     Colomba : T'as vu ça ? Poulaga en plat du jour ! Et tout un village invité au festin !

    -     Groseilla : Bravo.

    -     Tadêklop : Je vois bien ton soulagement... Il me faut un max de preuves mais aussi des témoins. Maintenant que le terrain est dégagé, tu peux me dire les choses. Tu voulais que ça s'arrête et c'est fait.

     

    Episode 6

    -     Groseilla : Vous voyez... Je ne me suis jamais sentie aussi libre que pendant que mon mari était en prison. Et j'en ai été la première surprise. Et ça, la liberté, quand on y a goûté une fois... J'espérais en arrivant ici que nous referions notre vie tranquillou mais mon mari, Jérôme et Derien ont eu cette idée folle pour relancer l'économie du village.

    -     Colomba : Faire savoir à tous les criminels et autres magouilleurs dans toutes les nations miniatures que ce village sous-traitait la disparition propre et nette de tout individu gêneur. Le bouche à oreille à fait le reste. Mais cette comédie ne pouvait pas durer bien longtemps, il y avait trop de gens au jus.

     

    Episode 6

    -    Groseilla : Andromaque, c'était l'avant-dernier contrat au programme avant notre départ vers un lieu de rendez-vous encore inconnu pour notre transfert par le réseau. Nous aurions été des petits qui vivent comme des Grands, mais toujours en cachette. Le magot qui nous restait allait être partagé en fin de semaine. Je n'en pouvais plus, j'étais contre ça et je savais ce qu'il en coûtait.

     

    Episode 6

    -     Colomba : L'accident de Belle-Maman Jérôme, par exemple. Et lui a laissé faire. Carrément sordide !

     

    Episode 6

    -     Groseilla : J'étais terrorisée. Je n'avais qu'une envie, repartir du bon pied avec mes deux fils et Geldoush...

     

    Episode 6

    -     Colomba : Geldoush ? Le joueur de flûte ? C'est toi son amie ? Nooon ! Tu l'as adopté ou ton horoscope t'a dit "faites-vous un jeune", comme le disait la grrrande Yvette Leglaire ?

    -     Groseilla : Nous espérons nous installer chez moi, à Absinthyos. Enfin si la justice est sympa avec nous... Nous nous aimons.

     

    Episode 6

    -     Colomba : Vouvouzémé ? Aaah... Un jour, je saurai ce que c'est. C'est pas compliqué : vous témoignez et vous serez libres. Libres mais sous contrainte de protection policière du coup... 

    -     Groseilla : Nous aurons au moins ça.

     

    Episode 6

    -     Colomba : La justice sera cool avec toi, je m'en arrangerai. mais après le 2 heures de vacances que j'ai l'intention de prendre, pendant que mes gars conduisent le troupeau de malfrats en ville. On va rester toutes les deux, en copines !

    -     Groseilla : Je vous prépare quelque chose ?

    -     Colomba : Oui, mais y faut me tutoyer d'abord. 

    -     Groseilla : Je croyais que la connivence et l'empathie étaient vaines avec toi.

     

    Episode 6

    -     Colomba : " Etaient vaines ", non mais ho, comment tu me parles ? Sois plus naturelle, bon sang ! J'ai l'empathie sélective, je la gaspille pas !

    -     Groseilla : Oui, j'ai bien besoin de me détendre...

    -     Colomba : A propos, tu es à peu de choses près la dernière habitante du village et qu'en plus tu fais bien la tortore... J'aimerais bien... As-tu des costumes ? J'adore les costumes.

     

    Episode 6

    -     Groseilla : Musique !

     

    Episode 6

    Je suis toutes les femmes
    Je vis vos joies et vos mélodrames

     

    Episode 6


    Je suis sentimentale et parfois femme fatale aussi
    Que l'on me condamne si mon cœur s'enflamme
    Devant les projecteurs
    Qui me visent en plein cœur chaque nuit

    Je suis toutes les femmes
    Je chante, je danse c'est tout un programme
    Je suis reine du disco et l'amie de Pierrot aussi
    Que l'on me pardonne lorsque je me donne
    Et je vis mes chansons à travers les saisons de ma vie

     

    Episode 6

    Je suis toutes les femmes
    J'aime les paillettes, les strass, les télégrammes
    Les soirées de première puis la une et la der aussi
    Et ma vie de star finit dans le noir
    Quand les lumières s'éteignent
    Et le silence règne dans la nuit

     

    Episode 6

    Je suis toutes les femmes
    Je vis vos joies et vos mélodraAAAAAAAmes

     

    Episode 6


    Je suis sentimentale et parfois femme fatale aussi
    Que l'on me condamne si mon cœur s'enflamme
    Devant les projecteurs qui me visent en plein cœur
    Chaque nuit

     

    Episode 6

    Je suis toutes les femmes
    J'aime les paillettes, les strass, les télégrammes
    Les soirées de première puis la une et la der aussi
    Et ma vie de star finit dans le noir
    Je suis toutes les femmes, je suis toutes les femmes

     

    Episode 6


    Je suis toutes les femmes, je suis toutes…
    Les femmes, les femmes !!!

     

    FIN

     

    DB - 23-12-218


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